samedi 5 décembre 2015

Blur horizons

Halli hallo, amis de la Terre !





J'ai décidé qu'à compter d'aujourd'hui, je ne vous abreuverai plus de mes mensonges puants concernant mes articles à venir. Il se trouve qu'à chaque fois que je jure sur Bob l'éponge, Capitaine Krabs et compagnie, que je me remettrai quotidiennement à publier sur le blog, il s'avère que je fais le contraire exact. Un peu comme si je le faisais exprès, pour me foutre de la gueule du monde quoi ( comme si je ne le faisais pas déjà assez). Bien entendu, ça n'est pas le cas, je peux vous assurer que je mets naïvement toute ma bonne volonté dans mes fabulations malodorantes. Quand je pianote ces calomnies nauséabondes sur mon clavier, je suis réellement persuadée de mon imminente reprise de service. Car en effet, et vous le savez, rien ne me fait plus plaisir que de pondre des pavés pour Turquoise Harmonicas qui malgré le fait que je semble un peu le laisser en berne, n'est autre que mon bébé, mon bijou, mon précieux, ma vie. Donc bon, à priori, l'abandonner, le laisser triste et seul dans l'hostile nature, n'est pas un choix.
C'est pourquoi, ayant pris conscience que ma contraignante vie, risquait de me faire lâcher mon blog assez régulièrement, j'ai choisi de ne plus faire de promesses et de ce fait, ne plus rédiger d'infâmes impostures, car c'est précisément ce dont le blog n'a pas besoin.

TRÊVE DE BLABLA, si je vous reviens aujourd'hui c'est certes, parce que j'ai du temps, mais aussi parce que j'ai à parler. J'ai à raconter, j'ai à déblatérer, à dire, à narrer.
Ca commence à faire un bout de temps ( bon, je ne vais pas rappeler toutes les deux minutes que j'ai laissé mon blog malheureusement sans défense pendant des mois) mais le 24 Avril 2015 le dernier album de Blur, autrement dit le groupe, fondé par mon idole absolue ( numéro deux, il ne s'agit pas de Bobby, au cas où le nom de Blur vous laisserait dans le FLOU total ( je suis tellement drôle, aimez-moi ), également fondateur de trois autres groupes mirifiques, créateur de son, donneur de vie à la vie, Damon Albarn le surnaturel, sort( ça c'était une phrase dure à suivre, mais elle vaut la perfection de Blur). Et le 15 Juin 2015, le groupe débarque à Paris pour donner un concert enchanteur dont je parlerai par la suite et qui constituera les trois quart de l'article mais pour l'heure, parlons de ce groupe mythique.



1989, le groupe est fondé, et nous sommes 6 ANS AVANT MA NAISSANCE,  déception ultime de ma vie, je vous assure. Le groupe se forme donc à Londres, à savoir LA VILLE LA PLUS COOL DU MONDE et je pense qu'à un moment il va falloir s'arrêter de crier.
Ainsi donc, trois potos, Graham Coxon, Alex James, Dave Rowntree et Damon Albarn, s'unissent pour créer le groupe Seymour, qui par la suite deviendra Blur, suite à une obligation marketing. Dans ma tête si leur directeur de disques les a forcé à changer de nom, c'est parce que leur précédent faisait une référence trop explicite à Seymour Skinner, des Simpson. Désolée mais moi je le vois comme ça, et Dieu merci, le directeur n'a pas été laxiste sur cette question du nom. Autrement mon enfance aurait pu être drôlement perturbée ( imaginer Seymour Skinner chanter "Song 2" aurait pu être dans mes cordes)

1993, deuxième album youhou ! Il n'est pas non plus le plus apprécié de la foule mais moi je l'aime car il renferme mon "Popscene" bien aimé, à savoir un de mes morceaux préférés de du groupe. Punchy comme j'aime, il est juste délirant et donne envie de faire n'importe quoi ( et se sentir dingue, ça fait vraiment du bien parfois). Toutefois, le public fait un peu plus attention à cette petite bande montante, tentant de gravir les monts ardus du monde musical. Il ne sont plus inconnus de la scène anglaise, d'autant plus que l'heure est désormais à la Britpop, et que les gars représentent entièrement le genre.

1994 ( encore un tout petit effort, je nais presque !),  année de la reconnaissance absolue ! Le groupe sort l'inébranlable Parklife, album de folie, dont le single éponyme ne lasse à vrai dire personne, mais surtout GIRLS AND BOOOOYS( oups, désolée), qui est l'hymne à la vie, à l'amour, à la mort, ce que vous voulez en fait. Un breuvage paradisiaque, une drogue étourdissante. Enfin bref, les cocos arrivent à un stade important de leur carrière, et un an plus tard bam bam,

en 1995 donc, ils sortent leur quatrième album, et non le moindre ( puisque je nais enfin ) puisqu'il est placé en concurrence directe avec celui que le groupe Oasis, sort la même année. Si l'album d'Oasis bat à plate couture celui de mes bébés en terme de vente, certains singles de Blur, sont mieux placés dans les charts que ceux des Oasis Tropicaux ( ce besoin de faire des blagues nulles...) donc tout va bien, pas de panique, la guerre peut se poursuivre tranquillement, un partout, balle au centre.

1997, Blur sort "Blur" ( Il faut croire que c'est une manie chez tous les groupes que j'aime, de sortir un album éponyme à moment de leur carrière ), et de cet album provient le monumental "Song 2" qui en plus, d'être incroyable, est un morceau qui change complètement du genre Bluresque autrefois très Britpopien ( tiens, néologismes, vous êtes là ) donc. Ainsi, on se retrouve avec un titre très rock, agressif même, mais tout en légèreté, il agit comme un souffle ravageur ( enfin, je le vis comme ça hein). Et même si visiblement, le groupe a envie de prendre un autre tournant musical, le public, bien qu'un peu déconcerté, continue de les suivre dans leur changement.

1999, est l'année de "13", qui ne fait pas retomber le groupe dans la Britpop mania, mais renforce au contraire, le nouveau genre choisi. Le groupe est reconnu mondialement et ravit la foule, tout va bien pour eux, c'est le bonheur. Cependant, quelques petits dysfonctionnements commencent à malmener le groupe, et par là j'entends : " de petites querelles commencent à agiter mes amours". En effet, l'alcoolisme d'Alex James ( entre autres hein, on ne va pas le blâmer non plus, le pauvre ), fragilise quelque peu l'union du groupe, et met en danger leur génie grandissant ! Et donc ce qui ne devait pas arriver finit par arriver : le groupe se sépare, c'est la déchirure, la fragmentation de mon petit coeur. Enfin, l'idée seule de cette séparation me brise de coeur. Car en réalité j'avais à l'époque quatre ans, et je devais m'en foutre aussi fortement que ma non connaissance du groupe, resplendissait d'inculture musicale.

Mais passons, oublions ce terrible événement pour nous consacrer à 2015, année  du retour triomphal du groupe, et de l'embrasement ardent de mon petit coeur froid. Les quatre hommes réalisent l'album "The magic whip" qui très justement, est magique, et font suivre cette sortie de plusieurs concerts internationaux. 
Et de cette façooooon ( oui c'est une alternative aux lettres majuscules ), le 15 Juin 2015, me voici propulsée au devant des files d'attente qui s'étendent le long du pavé mouillé qui tapisse le parc de la Villette, à Paris.

Jour d'été, mais jour le plus gris de l'histoire des jours gris. Je suis tapie contre les barrières gelées, qui forment bêtement une queue, et nous empêche de nous asseoir correctement, puisqu'elles constituent des dossiers laissant passer les omoplates au travers. Une bonne poignée de personnes devant moi, mais rien de très affolant. Comme à mon habitude, j'évalue les risques de me retrouver au quatrième rang, qui est selon moi le commencement des rangs maudits des grandes salles de concert ( on se sent proche de l'artiste, mais au vu des trois autres rang devant nous, on se rend compte que non, pas tant que ça, et on souffre qui plus est de tous les désagréments physiques qu'impose le milieu de la fosse ). Peu élevé. Je jubile peu discrètement puisqu'à vrai dire j'en informe mon homme, présent en ce jour sacré. Mais les files se remplissant au fil des minutes, mon esprit de groupie insatisfaite surgit vivement, chassant d'un revers de la main, mon optimisme si rare. Aussitôt, des "On va être mal placés", "On verra rien", "Tout le monde va nous doubler", "J'ai peur (x1000)" ponctuent mes phrases, si bien que mon grand amour ne trouve à la fin, rien d'autre à me dire que "Mais non", après moult discours réconfortants. En bonne nana pas du tout alarmante, j'ajoute à mes crises de panique l'envie de soudaine de boire ou de manger, le besoin d'aller au toilettes et le souvenir impromptu que les piles de mon appareils photo sont usées. Ainsi donc, me voilà tantôt partant acheter de quoi subsister ( et des piles ), tantôt vagabondant dans les allées du parc, à la recherche de toilettes. Quêtes qui ne mèneront finalement à rien puisque ne trouvant ni toilettes, ni piles, et ces déception me coupant l'envie de me ravitailler, je reprend tristement position dans la queue, qui à présent n'est qu'un nuage noir, dense de toute la population qui le compose. Cela dit, ma place n'est pas perdue, et je veille férocement à ce qu'elle ne le soit pas. 
Les personnes devant moi ( qui étrangement on toujours l'air de folles à lier, quel que soit le concert ( à croire que j'échappe de justesse à l'asile ) commencent à fredonner quelques airs, assez peu originaux puisque je reconnais "Grils and boys" ou "Lonesome street", extrait du dernier album, mais déjà alors, très médiatisé. Elles commencent aussi à s'agiter, forcément puisque forcément, l'heure de l'ouverture des portes approche dangereusement. Je suis excitée aussi, mais j'ai encore la décence de ne pas chanter à tue-tête, le visage marqueté de cornet de glace ( La jaquette du dernier album de Blur) ou de noms des membres du groupe.

Tranquillou, sans se presser davantage, les vigils s'avancent vers les grilles, observant avec la plus grande impassibilité du monde, les anguilles éperonnées qui frétillent en s'accrochant au barreaux. Ils semblent attendre un signal, comme d'habitude, se regardant les uns les autres en se faisant quelques signes de tête, mais n'ouvrant pas les portes pour autant. Les plus enflammés tentent de séduire les vigils, dans l'espoir qu'ils ouvrent la porte discretos avec un "Eh, ça reste entre nous hein", ce qui n'arrive jamais, et je ris de cette redondante démarche. 
Alors que j'aperçois mon ancien prof de piano, perdu dans une foule lointaine, le mécanisme des portes s'actionnent, les fans hurlent et notre file déferle dans les allées menant au Zénith. Oubliant la règle de ne pas courir, à chacun de mes passages à la Villette, je m'élance comme une dératé, ignorant les cris du vigil et ceux de mon amoureux, qui dans son esprit posé et raisonné, n'avait même pas envisagé l'idée de détaler comme un lapin. Les bornes se présentent vite à moi, m'apparaissant toujours comme des "STOP", des culs de sac, des barrières infranchissables. Clairement, elles représentent un frein majeur dans notre avancée vers la divinité qu'est Blur. Il faut en effet avoir tous ses sens en éveil, afin de détecter la borne la moins peuplée, mais également celle qui se libérera le plus rapidement ( car l'expérience de se retrouver derrière une personne incapable de passer son billet correctement, et de regarder la salle se remplir à vue d'oeil au fur et à mesure que les autres arrivent à passer, est très douloureuse, croyez-moi ). Puis il faut effectivement manier l'art de coller son ticket d'entrée sur le scanner dans le bon sens et au bon endroit ( ce qui engendre un stress complet ; on peut apercevoir des mains tremblantes et affolées, retournant le graal dans tous les sens, le faisant presque tomber ). Puis généralement, un des vigils se charge lui même de la chose, faisant avec aisance, glisser le ticket sur la borne, et te faisant passer pour un abruti total, avant de te laisser à ton triste sort ( car au moins une cinquantaine de personnes te sont passées devant, toi qui rêvais pourtant du premier rang ). 
Toutefois dans le cas présent, je ne suis nullement déconcertée par l'arrivée de mes ennemies les bornes. Sortant mon billet violet et miroitant, tel un lasso ayant pour but de choper Damon au fond des loges, je m'élance, doublant au passage un groupe de personnes ayant conséquemment ralenti (pensant peut-être se retrouver devant des bornes de métro, et attendant les contrôleurs), et scanne mon entrée au paradis sans nul problème, me permettant aussitôt l'accès à la scène qui a mon grand désarroi, observe un premier rang complet, et un second en voie de remplissage total. Je m'élance donc doublement, rejetant mentalement la possibilité du troisième rang, et finis donc par atteindre ma destination, jetant mon sac à côté de moi, afin de protéger la place de mon aimé, qui justement me suit de près. Nos places sont donc prises, et j'en suis assez satisfaite, bien que mon entourage soit assez effrayant : des grands qui me cachent la vue, des nains près à se faufiler sournoisement, des chauves me renvoyant violemment la lumière de la scène, des trop chevelus, m'étouffant... Et puis, je sens déjà que les personnes derrière moi cherchent à me grimper dessus. Le spectacle n'a même pas commencé que déjà, je me sens oppressée. Les grandes salles, je n'en ai pas grande habitude. Si j'avais pu voir les Vampire Weekend dans cette même salle peu de temps auparavant, je n'avais pour autant pas ressenti cette immense gêne provoquée par la populace. Bien au contraire d'ailleurs. Le public des Vampire était hautement serein, chacun jugeant sa place comme la meilleur visiblement ( alors que si j'avais été moi aussi au cinquième rang, je n'aurais pas été aussi pacifique ). Mis à part quelques écrasements de talons, je n'avais rien eu à subir et avait profité librement de mon concert. Dans le cas de Blur, je sentais déjà la folie humaine à laquelle je faisais dos. Et lorsque les lumières s'éteignent, les hurlements stridents confirment mes craintes. Il ne s'agit pas de simples hurlements, tels les miens qui sachez-le, sont dignes de la groupie la plus ardente, mais plutôt de beuglements bovins. La foule commence à m'inquiéter, d'autant plus que je ne tarde pas à recevoir quelques gouttes de bière sur mon pauvre bras innocent. L'espace d'un instant, je me demande si je me trouve bien au bon concert, tellement celui-ci semble regorger de corps dépourvus de toute conscience d'eux-mêmes. 
Mais à peine ai-je le temps de me poser des questions, que la première partie arrive. Une troupe, constituée visiblement d'africains ( car oui, je fais nettement la différence entre les différentes personnes de couleur, pas de questions merci ) en tenue traditionnelles, brinquebalant guitares, djembés et autres instruments en tout genres. Ils arrivent gaiement, transmettant immédiatement une énergie positive, et au vu de leurs visages particulièrement enjoués, on se doute que le ton est donné ; leur musique va les illustrer. Et en effet, à peine commencent-ils que l'on s'en prend plein les oreilles. Les sons nous arrivent par milliers, ainsi que les rythmes, les voix ; tout est multiplié, et on se sent comme dans un bain musical. Les lumières aux couleurs chaudes éclairent aussi bien la scène que le public, comme pour nous réunir. Nous sommes donc tous dans ce même bain, c'est comme si nous nous étions réunis pour danser et chanter ensemble. Rapidement donc, la sensation de concert disparait pour laisser place à un sentiment de fête.
Puis au bout d'un temps, tout cela semble assez répétitif, ce qui est assez typique des musiques africaines ( je parle en connaissance de cause), quelles qu'elles soient. On continue à danser et à apprécier, mais l'énergie n'y est plus tellement, on se permet à peu près tous de discuter avec notre voisin. Pour notre part, mon amoureux et moi discutons de la prochaine prestation, celle de Blur, nous interrogeant sur le morceaux d'ouverture, et celui de fin. Je parie sur "Go out" ( extrait du dernier album ) pour le début, et "This is a low" (j'avais remarqué la récurrence de ce titre en clôture de leurs concert) pour la fin. Mon chéri lui, s'abstient de tout vote, sans doute effrayé par mon avis tranchant, et certain. Alors que la première partie joue son dernier morceau, nous retournons à notre écoute, afin de saluer leur prestation, qui a réchauffé la salle, et mis une ambiance agréable. Le dernier morceau s'éternise, mais cela ne déplaît à personne. Le rythme s'accélère toujours plus, jusqu'à retomber une dernière fois, marquant l'aurevoir. On ovationne, peut-être excessivement, car l'excitation de voir l'artiste pour lequel on vient, surgit souvent à ce moment là, puis le groupe quitte la scène, arborant les mêmes visages qu'à leur entrée. On lit sur leur faciès bonheur, bonheur et re bonheur.
Puis les lumières se rallument gentiment dans la salle, et la fosse commencent à se compresser dangereusement. Plus personne n'ose aller au bar ou aux toilettes, les places sont verrouillées, pour mon plus grand malheur. La personne derrière moi ose penser que je fais partie de sa place. Je sens littéralement tout son corps dans mon dos et au bout de cinq minutes, l'envie pressante de lui asséner un coup de derrière me vient. Chose dont je ne me prive finalement pas, récoltant un grognement plaintif mais aussi ( JOIE), l'abandon par la personne, de la propriété qu'est mon dos. Consciente que ma voisine reviendra sûrement à la charge pendant le concert, je prépare mes coudes saillants à toute attaque rétrograde. Puis nous guettons tous la scène, qui petit à petit s'habille façon Blur. Chacun y va de son commentaire :"Si tel instrument est là, c'est pour ceci ou cela", "En fond, il va y avoir tel ou tel truc"... Des prédictions qui s'avéreront souvent fausses, et donc la plupart n'ont aucun intérêt. Décidément agacée par la foule qui m'entoure, je fais part à mon chéri de mes rosseries, l'écoutant ensuite approuver mes dires, cet amour qu'il est.
Puis, tandis que je multiplie mes critiques, les lumières diminuent, et les cris reprennent mais cette fois-ci, je suis comprise dans le lot. Je me retrouve, hurlant parmi ceux qui me dérangeaient deux minutes plus tôt. Mais là je dois l'avouer, ils ne me dérangent absolument plus. Au contraire, ils me portent. La foule braillante est la mienne. Le cornet de glace présent sur la pochette de "The Magic Whip" s'allume en fond, provoquant une double ration de piaillements. Puis le groupe arrive, dans toute sa classe légendaire ( même si mon chanteur préféré semble déjà un peu déchiré, et semble rigoler tout seul à une bonne blague). Tous à l'exception de Damon, ont l'air un peu timides, voire gênés, c'est étrange. Mais c'est agréable quelque part, un artiste qui n'en fait pas des tonnes. Damon quant à lui, fait preuve de l'inverse exact, en son bon rôle de leader. Rapidement, il nous demande depuis combien de temps lui et son groupe n'ont pas joué à Paris, hésitant entre douze et quinze ans. Evidemment, bonne élève, je hurle "TWELVE YEAAARS", glapissement bien entendu perdu parmi tous les autres, et dont Damon ne recevra qu'une épaisse bouillie de mots. D'ailleurs, il se fout bien de nos réponses en réalité. Il se marre comme un bossu et démarre son concert, ouvrant avec "GO OUT" et je me sens donc surpuissante, m'empressant de flageller mon amoureux lui faisant passer le message "J'avais raison hein tu vois, j'avais raison, t'as vu hein". Mais bon bien entendu, mon bellâtre est plongé dans son concert, et je ne tarde pas à faire de même, oubliant ma brève victoire.

Le reste de la setlist se déroule de façon impressionnante ; le groupe pioche allègrement dans son immense répertoire, nous abreuvant de ses sons tantôt tendres, électriques, dynamiques ou sentimentaux. "Lonesome street" arrive rapidement et nous nous égosillons tous sur les "whoo oo" (juste après que Damon se soit limite agenouillé sur nous, et permis une magnifique vidéo que je bénis tous les jours), le public ne fait qu'un sur "Coffee and TV", et je pleure presque sur "Tough I was a spaceman". Le tout enveloppé de toutes leurs bombes sonores qui font totalement éructer le public. "Parklife" déclenche un ravissement et naturellement, quand les premières notes de "Song 2" font leur apparition, c'est l'hystérie complète, le public n'en peut plus et on se saute tous dessus. Moi qui auparavant,  râlais de me faire légèrement écraser, me retrouve entrain de piétiner la personne devant moi, et d'assommer celle à ma gauche, dans le plus grand des je m'en foutismes. Mon but ultime est de toucher Damon et pourtant, lorsqu'il s'offre totalement au public, permettant l'accès à son corps séraphique, je me rétracte violemment, m'interdisant ce privilège. Comme si le mythe, devait rester inaccessible. Action que je regrette AMÈREMENT aujourd'hui mais qui sur le coup, m'avait semblé tout à fait normale, logique.
Puis, "This a low" fait son entrée, et sûre de moi, je sais que c'est la dernière. Seulement, je constate que "Girls and boys" n'a pas été jouée, et qu'il est juste impossible, qu'elle ne le soit pas. Je conclus donc qu'elle fera partie du rappel, et suppose "The Universal" pour l'accompagner. Nous nous époumonons sur le morceau, sachant bien du fait de l'absence de "Girls and boys", que la fin n'est pas encore là. Mes pouvoirs de prémonitions se confirmant, Blur s'éclipse bel et bien après "This is a low", provoquant des hurlements de protestation. En entendant "Mais ! Et "Girls and boys" alors ??!" je constate que je devais être la seule dans le coin à avoir compris le système. J'informe donc vite mon compagnon d'un rappel imminent mais il n'en semble pas surpris. Il est fin, lui. 
Donc bon, sans surprise, Blur regrimpe sur scène, entonnant "Stereotypes, qu'à vrai dire je n'attendais pas du tout. Nous nous replongeons dans le concert comme s'il venait de commencer. Effervescence au maximum, nous bondissons comme des cabris et agitons nos bras comme des détraqués, et d'autant plus, puisque "Girls and boys" ne tarde pas à arriver, et l'unisson à ce moment là, s'avère très émouvante, bien que le morceau ne donne pas le temps ( ni l'envie finalement ) de s'étreindre amoureusement. Après un "For tomorrow" puissant, vient "The Universal" (comme prévu, héhé), accueilli par un public réservé, sans doute ému en réalité, qui prend compte que cette fois, c'est bel et bien la dernière. Nous nous montrons donc tous un peu plus calmes, bien que non moins énergique et profond. Puis le concert se termine enfin, et nous ovationnons les artistes ( pour ma part, comme je n'ai jamais ovationné quelqu'un ), pleins d'émotions.